Chapelle Notre Dame du Château
CCSA
Site et monument historiques

Chapelle Notre Dame du Château

Chapelle du XIIème siècle classée aux Monuments Historiques. Vue qui s’étend sur la vallée de la Sumène, la plaine de Vic, les orgues et le puy de Bort, le plateau de Chastel-Marlhac et les orgues de Milhac.

Chapelle du XIIème siècle classée aux Monuments Historiques. Vue qui s’étend sur la vallée de la Sumène, la plaine de Vic, les orgues et le puy de Bort, le plateau de Chastel-Marlhac et les orgues de Milhac.

Adresse
Rampe de la Chapelle
15240 Saignes
Cantal (15)
Voir le numéro
Description

Construite au XIIème siècle sur un dyke basaltique (au dessus du village), elle a subi des modifications au XIXème siècle. Elle est classée aux Monuments Historiques et son mobilier est protégé. La chapelle Notre Dame du Château est accessible par le village, en voiture puis à pied. Ouverte uniquement pour les visites guidées en juillet et août.

"La chapelle Notre-Dame du Château est, comme son nom l’indique, l’ancienne chapelle du château de Saignes. Construite au XIIe siècle, elle en représente aujourd’hui le seul élément subsistant, le château ayant été abandonné et ruiné dés le XVIe siècle.
L’église paroissiale Saint-André est elle aussi un édifice roman, construite au douzième siècle et située au centre du bourg de Saignes, en contrebas de la précédente.
Sur les murs latéraux, à l’extérieur, une corde recouvre l’archivolte qui surmonte les fenêtres. Ce motif de la corde est présent dans la plupart des églises de la région : elle entoure des piliers, des chapiteaux, des fenêtres, des porches et symbolise le territoire de l’Eglise.
Le chevet, c’est-à-dire la partie semi circulaire qui clôt la nef – le corps central - de l’église de Saignes est l’un des plus beaux et des mieux conservés de la haute Auvergne.
Les colonnettes des fenêtres du chevet portent des chapiteaux ornés de motifs divers : des feuillages, des cœurs, un homme protégeant de sa main une petite fille.
Une corniche dentelée entoure le chevet, soutenue par une très belle série de modillons à motifs géométriques et personnalisés.
L’un représente la scène, bien souvent reproduite dans la région, du monstre anthropophage qui s’apprête à dévorer un homme en commençant par la tête. Cette figuration vient nous rappeler que l’homme doit passer par la mort pour accéder à la vie éternelle.
Le suivant figure le buste d’un homme moustachu dont on aperçoit l’élégante chemise au col en V. Avec sa bouche grande ouverte, il semble nous donner un avertissement.
Plus loin, un lion, la tête retournée, se lèche le dos dans une scène inspirée de l’art byzantin. Le lion, traditionnel protecteur du sanctuaire, veille à l’extérieur pour en contrôler l’accès.
Voici encore une figure d’homme à longue barbe bifide qui nous regarde : en l’observant de plus près, il ne s’agit que d’un masque tenu entre ses pattes par un lion à nouveau présent. Ici encore, le rôle protecteur du lion qui apporte sa force à l’homme.
Après le mur nord-est du chevet, un modillon particulièrement remarquable connu sous le nom de « modillon du baiser » : il représente un couple tendrement enlacé.
A l’intérieur de la nef, au sommet des colonnes de la deuxième et de la troisième travée, sur les chapiteaux, les sculpteurs romans ont continué à déployer leur imagination : une femme tient dans ses mains deux branches qui se terminent en feuillages. Une déesse de la végétation ? A moins qu’il ne s’agisse de serpents venant lui ronger la poitrine. L’image serait alors une représentation symbolique de la luxure.
On trouve aussi un beau décor de tiges entrelacées d’où s’échappent des pommes de pin, symbole de la prospérité et de la vérité apportées par l’Eglise. Des griffons enfin, face à face, affrontés, dans un décor de tiges entrelacées. Un thème quasi permanent dans la région, que l’on retrouve par exemple à Sauvat et Bassignac.
Les chapiteaux des piliers du choeur se distinguent des autres par leur sujet et la qualité de leur exécution, œuvre d’un artiste véritable. Ils sont très voisins par leur style de ceux de l’église de Champagnac, présente dans ce parcours : un lion stylisé avec une tête d’agneau ; un aigle symbolisant le Christ chasse un animal impur qui semble être un bouc ; un avare apparaît, tourmenté par un serpent qui l’étrangle en tirant sur la bourse qu’il tient au cou ; un ange vient assister et bénir un personnage dévoré par un lion.
Plus classique, un arbre en Y symbolise le choix entre le Bien et le Mal dans un décor de palmettes et de feuillages.
La statue en bois de Saint Roch fait le lien entre les deux édifices religieux : elle se trouvait autrefois dans la chapelle et sortait en procession, portée par les habitants pour demander au saint de les protéger contre les maladies."

Restauration du tableau "la Vierge en prière" de Saignes
Sobre et élégante, la chapelle romane de Saignes (classée Monument Historique en 1921) domine le village éponyme situé dans la vallée de la Sumène.

Un des trésors de cette chapelle est un tableau représentant la Vierge, inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1999.

Description de l'œuvre
C’est une huile sur toile mesurant 1,75 m de hauteur par 1,13 m de largeur.
Elle représente une Vierge en prière agenouillée derrière un prie-Dieu. Cette dernière vêtue d'une robe rouge et d'un manteau bleu (les couleurs et leur symbolique sont évoquées dans l’article sur sainte Anne trinitaire de l’église de Marcolès) dont le plissé retombe sur les bras. Sa tête est couverte d'un voile transparent à peine perceptible.
Un halo de lumière, émanant de la tête de la Vierge, attire l'œil sur son visage alors que l'arrière-plan est sombre et uni.
En bas à gauche figure le monogramme « A. P. ».
La finesse d'exécution des traits du visage et des mains est frappante.

La restauration était urgente
Ce tableau était dans un état de conservation plus que préoccupant : déchiré à de nombreux endroits, la peinture était largement écaillée et certains motifs avaient même disparu.
La municipalité de Saignes, aidée par l'association Guides Tourisme Auvergne (GTA) et le service de la Conservation des Antiquités et Objets d’Art (CAOA) du Cantal, a œuvré pour la restauration de ce tableau. Ce projet a reçu les autorisations nécessaires et des financements publiques (Etat-DRAC, Conseil Départemental du Cantal et Région AuRa) sans oublier une opération de mécénat avec l'ouverture d'une souscription chapeautée par la Fondation du Patrimoine.
D’autres œuvres, conservées dans la chapelle, devraient suivre le même dessein dans les années à venir.

Les restaurateurs : artisans du renouveau
Le cadre a été restauré par Anaïs Gailhbaud et la toile par Bruno Tilmant d’Auxy-Tatischeff (comme pour la restauration du tableau de la crucifixion de la commune de Saint-Antoine) de novembre 2015 à novembre 2016.

Commençons par la fin : le cadre !
Le cadre est originel et date du XIXe siècle. Il a été réalisé en bois de résineux (peu cher). Après révision puis dépoussiérage de la structure en bois, un traitement contre les insectes dévorant le bois et les champignons a été appliqué. Ensuite les dorures fragilisées et se détachant du cadre ont pu être refixées. Un nettoyage a précédé le collage et le serrage du cadre, car ce dernier était écarté. Par la suite, les peintures à la détrempe sur les côtés ont été retouchées. La dorure dite à la bronzine (constituée de pigments cuivreux) a été appliquée au niveau de la gorge du cadre et la dorure à la feuille d'or, présente sur la moulure intérieure, a bénéficié d'une reprise.

Pour la toile, l'opération fut très longue et bien plus complexe
Sur site, l'œuvre a fait l’objet d'un bref dépoussiérage accompagné de la pose de papier japon dans le but de limiter la perte de la couche picturale durant le transport entre la chapelle et l'atelier. Une fois dans son atelier, Bruno Tilmant d'Auxy a refixé complètement cette couche picturale. Pour cette opération, il a disposé la toile à plat sur une plaque chauffante pour ensuite y appliquer un fixatif. Puis vint le temps de la « couture » pour renforcer les parties déchirées. Une fois la toile consolidée, le restaurateur a appliqué un traitement insecticide et fongicide avant une opération de relaxation de la toile pour éliminer les déformations. L’étape suivante a consisté à combler les motifs disparus en « copiant » la technique du peintre. Le travail de restauration s’est finalisé le vernissage, c’est-à-dire par la pose d’un vernis protecteur.
Après 200 heures de travail - uniquement pour la toile - et la restauration du cadre, le tableau a retrouvé sa place dans la chapelle en 2016. L’œuvre a été sécurisée et fixée à 10 cm du mur pour qu’elle puisse « respirer ».

Que savons-nous sur ce tableau ?
D’origine inconnue, cette huile sur toile est probablement issue d’une donation. Elle est citée comme faisant partie du mobilier dans un petit ouvrage sur la chapelle du château publié en 1922.

Bruno Tilmant d'Auxy, grâce à son travail minutieux et à sa grande connaissance de la peinture, nous livre de précieuses informations.

Cette œuvre daterait des années 1830-1850. La toile est en lin à maille large, elle a été tissée manuellement, puis enduite de craie et de caséine : cette préparation dite « maigre » absorbe le gras de la peinture pour donner un aspect lisse et transparent à la composition.
Le passage à l'imagerie infrarouge a révélé une toile rapiécée avant d'être peinte alors que le passage à l'ultra-violet fait apparaître une précédente restauration non datée. Au vu des matériaux utilisés, ce tableau a probablement été réalisé pour un intérieur ou pour une chapelle chauffée.

Signée en bas à gauche des initiales « A. P. », l’artiste reste à ce jour anonyme. La toile serait à priori de la main d’un seul et unique peintre, peut-être plus habitué aux petits formats car l’on peut observer des défauts de proportions.

L’étude du restaurateur a cependant permis de déterminer que cette scène – une Vierge en prière, thème très rarement représenté dans le Cantal - était inspirée de deux œuvres bien connues :

« L'Annonciation » du peintre italien Guido Reni (1575-1642) réalisée vers 1629 et conservée au Musée du Louvre. Le peintre de la toile de Saignes a repris la posture de la Vierge agenouillée derrière le prie-Dieu.
Une « Vierge en adoration » de l’italien Giovanni Battista Salvi dit il Sassoferrato (1609-1685), peinte dans le 4e quart du XVIIe siècle et faisant partie des collections du Musée des Beaux-Arts de Nantes. La Vierge est y représentée en buste, les mains délicatement jointes.

Les mains et le visage de la Vierge de Saignes sont une réplique quasi-parfaite de ce second tableau qui a servi de modèle pour recréer les manques de la toile.

Pour découvrir le tableau restauré, il suffit de s’inscrire aux visites guidées estivales de Saignes organisées par l’Office de tourisme de Sumène-Artense. La chapelle est uniquement ouverte à ces occasions.

Merci à la conservatrice des antiquités et objets d'art (CAOA) du Cantal pour la relecture et les précisions apportées.
Pascale Chappot, guide-conférencière

Tarifs

Gratuit.

Informations complémentaires
Services
  • Visites guidées
Langues parlées
  • Français
Animaux
  • Animaux interdis